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Parlons MAO ! Rencontre avec Daphné, apprentie à l’ARA

Date : 8 mars

Pour que tout le monde comprenne bien de quoi on va parler, peux-tu nous dire ce qu’est la MAO ?

MAO est un acronyme pour Musique Assistée par Ordinateur. Je pense que c’est un terme qui regroupe énormément de choses. Globalement, c’est une pratique qui consiste à utiliser les nouvelles technologies comme un outil pour faire de la musique.

Qu’est-ce qui t’a amenée à la MAO et comment as-tu fait tes premières armes ?

Quand tu as envie d’enregistrer, tu vas dans un studio. Ça peut être un petit studio de maison de quartier comme un studio plus important mais tu te rends compte que la plupart du temps les gens travaillent sur ordinateur et c’est un peu intriguant. J’ai eu envie de savoir comment tout ça fonctionne, et puis au bout d’un moment j’ai eu envie de m’y mettre !

Je suis le parcours MAO avec Steeve Christiaens à l’ARA depuis 2 ans et ça a été un bon moyen de m’y mettre. J’ai également fait un atelier Pro-Tools à Amiens, mais il était moins accessible donc j’étais contente de reprendre un peu les bases. Ici, je pense que c’est un peu moins intimidant, surtout qu’on travaille sur Ableton Live qui est un logiciel un peu plus intuitif et plus accessible.

Aujourd’hui, que t’apporte la MAO dans ta pratique ?

J’ai toujours eu une pratique musicale soutenue. Je suis d’abord partie de la musique classique, puis j’ai commencé à faire mes propres compos. À ce moment-là, la MAO est apparue comme une bonne solution pour mettre en œuvre des créations que j’avais en tête.

Je suis auteure-compositeure et j’ai un projet qui s’appelle Daphné Swân.

« J’aimerais pouvoir ajouter quelques éléments de MAO déclenchés en live et je me suis aussi inscrite à ce stage parce que je pense que ça m’aidera à enrichir encore plus mes compositions avec des boucles, des samples, etc, créés sur ordinateur. »

Peux-tu nous en dire un peu plus sur Daphné Swân ?

Je chante, je fais du piano et joue avec un batteur-percussionniste. Les influences du projet sont assez variées, je pioche autant dans la variété française, que chez des groupes comme Radiohead ou Nine Inch Nails pour certaines parties pianistiques ou encore chez les groupes plutôt trip-hop, comme Massive Attack.

Curieux·ses d’entendre comment sonne Daphné Swân ? On vous invite à aller jeter un œil à son site web et à sa page facebook !


Une semaine de travail intensif pour NOMMO, à l’ARA

Date : 15 décembre 2016

Tout d’abord, les présentations ! NOMMO, ça vient d’où ? Depuis quand le groupe existe-t-il ?

Juliette (auteure et chanteuse) : Le projet a pris forme il y a 4 ans. Ça fait deux ans qu’on a commencé à faire plus de scènes tout en continuant à construire l’album et ça fait un an qu’on tourne vraiment. Quand on s’est rencontrés, Florian avait une sensibilité en musiques électroniques et en chanson. Étant moi-même fan de musiques électroniques depuis l’adolescence et ayant cette envie de chanter, c’était important. J’avais envie d’un projet qui puisse combiner les deux et on a trouvé ça ensemble.

Florian (compositeur et producteur, aux machines) : Juliette m’avait fait écouter ses voix et j’ai flashé tout de suite. Ensuite, c’est venu petit à petit, naturellement. Mais ça a pris beaucoup de temps de trouver un terrain commun. Un jour on est arrivé à se dire « Ça y’est ! Ce titre fonctionne ! » et on a créé un morceau, puis deux, puis trois, … L’idée n’était pas de faire quelque chose qui marche, l’idée c’était de creuser un son commun, et de trouver le son « NOMMO ». En explorant, simplement.

Juliette : On n’a pas voulu se mettre trop de pression. Réfléchir à un album, c’est aussi réfléchir à une histoire avec toutes ses aspérités, etc. On n’avait pas envie de faire juste un titre qui marche bien et se dire « Allez viens, on le sort tout de suite. ». On avait envie d’aller au bout de quelque chose. J’écrivais des chansons sur une rupture et j’avais besoin de l’éprouver jusqu’au bout. Quand on est arrivé à quelque chose d’abouti, on s’est dit : « Maintenant stop, on a un projet qui est cohérent par sa thématique et par sa musique. ».

Quels étaient les objectifs que vous vous étiez fixés pour cette semaine de résidence ?

Florian : Au tout départ, notre but était de tester du nouveau matériel. Tout compte fait, et sur l’avis des conseiller·ère·s qui nous ont accompagnés cette semaine, on a gardé le même et on a plutôt cherché comment on pouvait réinventer notre live. On voulait faire quelque chose de plus ludique, travailler la production du son sur scène et à l’intérieur même de la musique.
Et puis il y a eu l’intervention de Bénédicte Le Lay. On a travaillé notre rapport à la scène, on s’est interrogé sur la manière dont on se comporte sur scène. Au départ, on travaillait dos à dos donc la communication entre nous passait par la musique, on se sentait l’un l’autre, c’est tout. On pensait surtout à défendre et incarner la musique.

Juliette : À nos premiers concerts on s’était installé instinctivement. On avait oublié que sur scène il devait aussi y avoir du contact entre nous. L’énergie de Florian nourrit la mienne et ne serait-ce que de pouvoir librement se regarder sur scène ça apporte énormément.

« La communication est plus physique, il y a moins d’intériorité, t’es plus avec l’autre, et du coup il y a plus de circulation [...]. On l’a constaté ce soir. Physiquement, il y avait comme une danse entre nous, mais qui n’était pas du tout calculée. »



Concrètement, que vous a apporté cette semaine de travail ?

Juliette : Nous, ce qu’on attendait c’était de gagner en liberté sur scène. Que ce soit d’un point de vue musical ou corporel. Le gros souci qu’on avait c’était de mieux gérer au niveau du logiciel Ableton. On voulait que Florian puisse se détacher de l’ordinateur et qu’il puisse regagner sa posture de musicien. Alb a passé une journée avec nous pour nous aider sur ce point.

Florian : L’album est très sophistiqué, on a passé beaucoup de temps dessus. La question était aussi de voir comment recréer tout ça sur scène, avec les moyens du bord car il faut s’adapter aux conditions techniques du live.

« C’est important d’avoir des gens qui ne sont pas émotionnellement impliqués comme nous et qui ont vraiment un regard neutre et distancié. »

Juliette : Thibaut, qui était avec nous le 1er jour de la résidence, est un technicien du son qui a vraiment regardé comment on avait monté notre set et qui nous a aidé à faire en sorte qu’on ne soit plus esclaves des machines. On a aussi eu la chance d’avoir Bénédicte, qui est venue juste une journée, mais qui a su débloquer pas mal de choses. Elle a proposé des contre-pieds à ce qu’on avait l’habitude de faire et sur le moment tu te dis « Mais non ce n’est pas possible, on va pas faire ça ! » et puis tu essaies. Au final, tu te dis : « Tiens, mais en fait je l’ai vachement bien vécu ! ». C’est important d’avoir des gens qui ne sont pas émotionnellement impliqués comme nous et qui ont vraiment un regard neutre et distancié. Et des conseils tels que : « Et vous avez déjà pensé à faire comme ça ?  » . Parfois ça marche, parfois pas, mais au moins on se sent la liberté d’essayer. Ce n’est pas le genre de trucs que tu peux décider d’essayer comme ça, 5 minutes avant de monter sur scène.

À quel point les conditions de travail ici sont-elles différentes de celles dans lesquelles vous bossez d’habitude ?

Florian : C’est très confortable ici, t’es logé au dernier étage, tu prends ton petit déjeuner et dix minutes après t’es sur une scène avec du super son. T’es bien accueilli, t’es au chaud, et puis tu ne peux que bosser.

Juliette : Avec un son qui est hyper fidèle à ce qu’on sort. D’ailleurs c’est là qu’on s’est rendu compte qu’on était pas trop mauvais en mixage et en production (rires), on est assez contents du coup !

NOMMO est reparti tracer sa route du côté belge de la frontière mais nous avons hâte de les voir à nouveau dans la région ! Vous pouvez suivre l’actualité du groupe sur Facebook. Au passage, on vous glisse une idée cadeau pour électro-mélomanes à poser au pied du sapin : une édition spéciale de l’album Better Like This, en origami, fait-main !

Cette résidence a été impulsée par le dispositif « Ça balance » de la Province de Liège, par lequel NOMMO est accompagné. Dans le cadre de ce dispositif, nous avons à notre tour "envoyé" Furieux Ferdinand profiter d’un séjour de travail chez nos voisins Liégeois, la semaine dernière. En échanges de bons procédés, le groupe a pris ses quartiers dans un studio d’enregistrement pendant 3 jours !


Cet échange a été impulsé par le dispositif « Ça balance » de la Province de Liège, qui accompagne NOMMO.


Rencontre avec Pierre-Yves Langlois, notre nouveau professeur de saxo !

Date : 28 septembre 2016

Quel est l’aspect que tu préfères dans le fait d’enseigner la musique ?

Je me sens utile ! C’est galvanisant de se dire qu’on peut partager tout le bagage qu’on a emmagasiné en quelques années d’expérience d’enseignement. Et puis on se rend compte que les apprenti·e·s s’approprient ce qu’on leur transmet et avancent avec ce qu’on leur apporte, c’est gratifiant.

Peux-tu nous en dire plus sur ta manière de transmettre ton savoir dans la pratique du saxo ?

Je me base surtout sur les attentes des apprenti·e·s. Je veux définir un programme efficace en me basant sur leurs envies et leurs objectifs, en mettant mon expérience et mon savoir-faire au service de leur apprentissage. Je cherche aussi à faire en sorte que les apprenti·e·s puissent comprendre les mécanismes de la musique et du jeu en groupe, à leur donner les clés pour repérer facilement dans quelles tonalités jouer, pour être autonome et qu’ils puissent apporter leur pierre à l’édifice de la construction de morceaux en groupe.

« Je me base surtout sur les attentes des apprenti·e·s. Je veux définir un programme efficace en me basant sur leurs envies et leurs objectifs, en mettant mon expérience et mon savoir-faire au service de leur apprentissage. »

Pourquoi as-tu fait du saxo ton instrument de prédilection ?

Je joue de pas mal d’instruments mais le saxo est celui que j’ai pratiqué de manière la plus académique et pour lequel j’ai suivi des cursus de professionnalisation. J’ai failli l’abandonner à l’adolescence parce que c’était plus classe et plus cool de faire de la guitare. Mais j’ai découvert au même moment le funk et Maceo Parker, le blues, etc. Je me suis aperçu qu’il avait le même potentiel de coolitude que la guitare et qu’il ne fallait pas que je bousille tout le travail que j’avais accompli depuis des années !

Pour en revenir à la deuxième casquette que tu porteras à l’ARA, peux-tu nous dire en quoi consiste le rôle d’animateur des Bœufs du 301 ?

Je réfléchis encore pour le moment à la manière dont je vais les animer mais je n’ai pas envie de trop fixer les choses, il faudra surtout s’adapter en live ! J’ai eu la chance de passer un mois à New-York et d’avoir expérimenté des jams dans plein de clubs différents. Ils ont cette culture d’avoir quelqu’un qui accueille les musiciens, qui les présente au public et qui anime la jam. Ça donne l’impression d’assister à un vrai concert, à quelque chose d’organisé. Aucun autre bœuf ou jam ne propose ce genre de concept sur la métropole et je suis ravi de faire partie de cette initiative.
Tout le challenge sera d’orienter le bœuf pour que ça ne soit jamais rébarbatif pour le public, qu’un seul et même accord ne soit pas joué en boucle pendant 3/4 d’heure et de plutôt de favoriser les impros dans un format efficace. L’idée est de trouver les bons dosages entre les envies des musicien·ne·s et le plaisir du public, de faire en sorte que tout le monde passe un bon moment et ait envie de revenir !


Pierre-Yves est par ailleurs le membre fondateur de The HeadShakers, que vous pouvez découvrir par ici. Il dirige également le Soundpainting Orchestra Of Lille, à découvrir par ici.


La musique adoucit la rééducation

Date : 1er septembre 2016

Après 5 jours d’échange en avril dernier avec les kinésithérapeutes et les patient·e·s, les deux artistes ont créé une atmosphère musicale propice à la détente et au bien-être pour la salle de rééducation. En complément, ils ont imaginé une borne interactive d’aide à la remise à la marche qui, grâce aux sons qu’elle diffuse, guide et aide les patient·e·s à travailler leur équilibre. De quoi rendre plus ludiques et sympathiques les séances de travail !


Dans le cadre du programme « Les parenthèses musicales » du Pôle Lille Métropole du groupe Ramsay Générale Santé, mis en place et financé par l’ARS, la DRAC et la SACEM et en partenariat avec l’ARA.


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