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Interview | Une semaine de travail intensif pour NOMMO, à l’ARA

Les deux membres de NOMMO ont bénéficié d’un temps de travail privilégié à l’ARA. Guidés par nos conseiller·ère·s, ils en ont profité pour parfaire leur jeu en live. Après leur concert de fin de résidence, les deux musicien·ne·s ont livré leurs impressions sur la semaine écoulée et le travail qu’ils ont accompli !

Tout d’abord, les présentations ! NOMMO, ça vient d’où ? Depuis quand le groupe existe-t-il ?

Juliette (auteure et chanteuse) : Le projet a pris forme il y a 4 ans. Ça fait deux ans qu’on a commencé à faire plus de scènes tout en continuant à construire l’album et ça fait un an qu’on tourne vraiment. Quand on s’est rencontrés, Florian avait une sensibilité en musiques électroniques et en chanson. Étant moi-même fan de musiques électroniques depuis l’adolescence et ayant cette envie de chanter, c’était important. J’avais envie d’un projet qui puisse combiner les deux et on a trouvé ça ensemble.

Florian (compositeur et producteur, aux machines) : Juliette m’avait fait écouter ses voix et j’ai flashé tout de suite. Ensuite, c’est venu petit à petit, naturellement. Mais ça a pris beaucoup de temps de trouver un terrain commun. Un jour on est arrivé à se dire « Ça y’est ! Ce titre fonctionne ! » et on a créé un morceau, puis deux, puis trois, … L’idée n’était pas de faire quelque chose qui marche, l’idée c’était de creuser un son commun, et de trouver le son « NOMMO ». En explorant, simplement.

Juliette : On n’a pas voulu se mettre trop de pression. Réfléchir à un album, c’est aussi réfléchir à une histoire avec toutes ses aspérités, etc. On n’avait pas envie de faire juste un titre qui marche bien et se dire « Allez viens, on le sort tout de suite. ». On avait envie d’aller au bout de quelque chose. J’écrivais des chansons sur une rupture et j’avais besoin de l’éprouver jusqu’au bout. Quand on est arrivé à quelque chose d’abouti, on s’est dit : « Maintenant stop, on a un projet qui est cohérent par sa thématique et par sa musique. ».

Quels étaient les objectifs que vous vous étiez fixés pour cette semaine de résidence ?

Florian : Au tout départ, notre but était de tester du nouveau matériel. Tout compte fait, et sur l’avis des conseiller·ère·s qui nous ont accompagnés cette semaine, on a gardé le même et on a plutôt cherché comment on pouvait réinventer notre live. On voulait faire quelque chose de plus ludique, travailler la production du son sur scène et à l’intérieur même de la musique.
Et puis il y a eu l’intervention de Bénédicte Le Lay. On a travaillé notre rapport à la scène, on s’est interrogé sur la manière dont on se comporte sur scène. Au départ, on travaillait dos à dos donc la communication entre nous passait par la musique, on se sentait l’un l’autre, c’est tout. On pensait surtout à défendre et incarner la musique.

Juliette : À nos premiers concerts on s’était installé instinctivement. On avait oublié que sur scène il devait aussi y avoir du contact entre nous. L’énergie de Florian nourrit la mienne et ne serait-ce que de pouvoir librement se regarder sur scène ça apporte énormément.

« La communication est plus physique, il y a moins d’intériorité, t’es plus avec l’autre, et du coup il y a plus de circulation [...]. On l’a constaté ce soir. Physiquement, il y avait comme une danse entre nous, mais qui n’était pas du tout calculée. »



Concrètement, que vous a apporté cette semaine de travail ?

Juliette : Nous, ce qu’on attendait c’était de gagner en liberté sur scène. Que ce soit d’un point de vue musical ou corporel. Le gros souci qu’on avait c’était de mieux gérer au niveau du logiciel Ableton. On voulait que Florian puisse se détacher de l’ordinateur et qu’il puisse regagner sa posture de musicien. Alb a passé une journée avec nous pour nous aider sur ce point.

Florian : L’album est très sophistiqué, on a passé beaucoup de temps dessus. La question était aussi de voir comment recréer tout ça sur scène, avec les moyens du bord car il faut s’adapter aux conditions techniques du live.

« C’est important d’avoir des gens qui ne sont pas émotionnellement impliqués comme nous et qui ont vraiment un regard neutre et distancié. »

Juliette : Thibaut, qui était avec nous le 1er jour de la résidence, est un technicien du son qui a vraiment regardé comment on avait monté notre set et qui nous a aidé à faire en sorte qu’on ne soit plus esclaves des machines. On a aussi eu la chance d’avoir Bénédicte, qui est venue juste une journée, mais qui a su débloquer pas mal de choses. Elle a proposé des contre-pieds à ce qu’on avait l’habitude de faire et sur le moment tu te dis « Mais non ce n’est pas possible, on va pas faire ça ! » et puis tu essaies. Au final, tu te dis : « Tiens, mais en fait je l’ai vachement bien vécu ! ». C’est important d’avoir des gens qui ne sont pas émotionnellement impliqués comme nous et qui ont vraiment un regard neutre et distancié. Et des conseils tels que : « Et vous avez déjà pensé à faire comme ça ?  » . Parfois ça marche, parfois pas, mais au moins on se sent la liberté d’essayer. Ce n’est pas le genre de trucs que tu peux décider d’essayer comme ça, 5 minutes avant de monter sur scène.

À quel point les conditions de travail ici sont-elles différentes de celles dans lesquelles vous bossez d’habitude ?

Florian : C’est très confortable ici, t’es logé au dernier étage, tu prends ton petit déjeuner et dix minutes après t’es sur une scène avec du super son. T’es bien accueilli, t’es au chaud, et puis tu ne peux que bosser.

Juliette : Avec un son qui est hyper fidèle à ce qu’on sort. D’ailleurs c’est là qu’on s’est rendu compte qu’on était pas trop mauvais en mixage et en production (rires), on est assez contents du coup !

NOMMO est reparti tracer sa route du côté belge de la frontière mais nous avons hâte de les voir à nouveau dans la région ! Vous pouvez suivre l’actualité du groupe sur Facebook. Au passage, on vous glisse une idée cadeau pour électro-mélomanes à poser au pied du sapin : une édition spéciale de l’album Better Like This, en origami, fait-main !

Cette résidence a été impulsée par le dispositif « Ça balance » de la Province de Liège, par lequel NOMMO est accompagné. Dans le cadre de ce dispositif, nous avons à notre tour "envoyé" Furieux Ferdinand profiter d’un séjour de travail chez nos voisins Liégeois, la semaine dernière. En échanges de bons procédés, le groupe a pris ses quartiers dans un studio d’enregistrement pendant 3 jours !


Cet échange a été impulsé par le dispositif « Ça balance » de la Province de Liège, qui accompagne NOMMO.

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