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Interview | Retour sur une après-midi de conseil artistique avec The Green Fairy

On a discuté avec Zak, Théo et Max, trois musiciens (et trois copains) qui jouent ensemble depuis le lycée et en quête de conseils pour progresser !

Zak (batterie), Théophile (basse) et Max (guitare, chant) ont commencé à jouer ensemble il y a 5 ans. Ils ont déjà expérimenté plusieurs formations avant d’arriver à la forme actuelle de The Green Fairy, groupe avec lequel ils ont passé une après-midi en Bilan Scénique et Artistique (BSA) à l’ARA. C’est en cherchant du soutien dans le booking de dates ou dans l’enregistrement d’un EP qu’ils sont finalement tombés sur la proposition d’accompagnement artistique de l’ARA.

« On n’avait jamais pensé aux choses sous cet angle-là ! On ignorait qu’il existait des formations comme ça, scénique et artistique. On pensait simplement qu’on allait se former à force d’expériences sur scène, mais on a vu qu’autre chose était possible. ».

Après un entretien avec Jules et Jacob (en charge de l’accompagnement), ils ont identifié des besoins plutôt communs aux groupes accompagnés par l’ARA : pouvoir s’améliorer et bénéficier d’un regard neutre et distancié sur ce qu’ils proposent. Ils ont également mis le doigt sur des besoins qui leur étaient propres. Max témoigne : « De mon côté, je fais beaucoup de théâtre, et s’il y a beaucoup de similitudes entre une scène de théâtre et une scène de concert, ça reste une expérience complètement différente. J’avais des questions sur la manière de gérer ça, d’une part pour moi-même, mais aussi avec les autres membres du groupe. On se connait depuis des millions d’années, alors comment c’est possible d’avoir le sentiment de ne plus trop se connaitre un fois qu’on est sur scène ?! On voudrait réussir à mieux gérer ça, un peu comme une thérapie de couple, mais dans un groupe ! ».

Pour trouver des pistes de réponse à ces questions, ils ont été accompagnés par Tim (compositeur de musique pour théâtre / pour film et comédien) et Rémi (batteur et ingénieur du son), qui forment ensemble le groupe Esplanades.

Vous venez tout juste de ranger votre matos, dites-nous à chaud ce que vous avez pensé de ce BSA !

Théo : C’était une super expérience ! Vraiment cool. Je n’ai pas vu le temps passer et ça me laisse avec plein de pistes de réflexion. Ça m’a conforté dans certaines idées, ça m’a fait me remettre en question sur d’autres. On a touché à des choses qui sont importantes à prendre en compte si on veut continuer, même si c’est juste à se faire kiffer !

Max : C’était chouette de recevoir des conseils très pros de la part de personnes qui ont vécu plein d’expériences, c’est cool d’avoir du concret. Ça nous a aussi permis de tester des trucs qu’on ne tenterait pas en concert parce que ce n’est pas le lieu pour prendre des risques. Ici, notre seul enjeu c’est de s’améliorer.

Rémi : Pour nous ça a été génial d’avoir des gens hyper réceptifs. Vous êtes venus consciencieux. Peut-être même trop ! (sourires). Mais en tous cas on vous sent à l’écoute et bienveillants les uns envers les autres. C’est super d’avoir de l’application. Ça nous met dans de bonnes conditions parce qu’on voit que vous recevez ce qu’on vous donne. Après, nous, on donne des conseils qui ne sont pas des vérités absolues.

Tim : Oui, c’est-à-dire que vous arrivez avec une proposition A. Nous on cherche à ouvrir une nouvelle piste, à vous proposer une solution B. C’est à vous de dire « B c’est pas mal, mais en fait on va faire encore mieux, on va faire C ! ». C’est vous qui savez le mieux ce qui correspond à la personnalité du groupe. C’est votre musique, mais peut-être que c’est quelqu’un d’autre qui va vous dire « Tu sais, cette guitare-là elle déchire » et potentiellement elle aura pile le son que vous vouliez !
On vous a présenté ce temps de travail en vous disant :

« On n’est pas là pour vous juger, c’est un dispositif d’accompagnement donc si vous nous acceptez dans votre équipe cet après-midi, on bosse ensemble. On est là avec vous, pas devant vous. »

Concrètement, quelles pistes d’amélioration avez-vous repérées ?

Max : Je me suis rendu compte que comme je suis beaucoup plus à l’aise avec le chant qu’avec la guitare, j’y prête moins attention. Pas au niveau musical, parce que je soigne les riffs que je compose etc., mais pour ce qui est des effets je me contente de mettre de la disto quand ça doit être fort et de l’enlever quand ça redescend. Mon son est parfois un peu trop sec. En fait, ajouter d’autres effets ne m’a jamais traversé l’esprit ! Que ce soit avec l’ampli, pour rendre un son un peu plus rond ou avec de nouvelles pédales. À l’écoute, je me rendais bien compte qu’il manquait un truc mais je me disais que ça devait venir de mon riff, que je devais faire quelque chose de plus compliqué. Mais finalement, non ! Il suffit d’expérimenter et de trouver le son qui correspond le mieux. Ça parait tout bête, mais je n’y pensais absolument pas ! C’est vraiment un truc qui a explosé dans ma tête et pendant les prochaines répét, je vais bidouiller ça.

Rémi : D’ailleurs, quand t’es ingé-son derrière ta table de mix, que le·la musicien·ne ne pose aucun effet mais que tu sens un esprit « psyché » dans le son du groupe, t’as naturellement envie de le faire ressortir. En faisant votre son, j’ai moi-même fait le choix d’ajouter de la réverb. J’ai essayé de produire un peu le son mais ce n’est pas nécessairement ce que t’aurais choisi. Plus tu vas faire ces choix-là en amont, moins l’ingé-son aura à les faire pour toi. Et moins tu auras à t’inquiéter de ce qui se passe en façade.

Théo : En ce qui me concerne, j’ai vraiment pris conscience de l’importance des échanges qu’on a sur scène. Je me suis rendu compte que j’avais tendance à m’isoler, grâce au regard de Tim et Rémi. Comme ils me l’ont fait remarquer après le premier set qu’on a joué devant eux, j’ai eu envie d’aller vers Max et Zach pendant la deuxième session mais je me suis rendu compte que j’étais derrière la barrière du pedalboard et que j’étais physiquement bloqué, entre ça et mes câbles. Je me suis senti isolé d’un coup, alors que je n’avais jamais eu cette impression. Ça m’a permis de me rendre compte que je ne me pose pas forcément toutes les bonnes questions quand je suis sur scène…

Zak : De mon côté, j’ai retenu que ma frappe à la batterie n’est pas toujours assez pêchue. Je ne suis pas assez présent pour vraiment faire remonter l’ambiance, quand il le faut. En fait, on répète dans un grenier où on ne peut pas mettre le son à fond, donc je me suis habitué à être un peu dans la retenue. Aujourd’hui, j’ai pris conscience qu’il fallait je me lâche un peu plus en concert.

Tim : À ce propos j’ai aussi un petit conseil à vous donner par rapport à ça. Continuez à bosser dans le grenier pour la mise en place des concerts, pour être bien carrés, bosser sur les enchainements, etc. Mais une fois de temps en temps, peut-être une fois par mois si vous pouvez, payez-vous une répète en studio, là où vous pouvez vous permettre de vous lâcher. On a beaucoup parlé des intentions cet après-midi, des intentions qu’on place dans les guitares, dans le groove, mais aussi dans la batterie. Les intentions sont aussi importantes que les notes en elles-mêmes ! Ça ne veut pas forcément dire jouer plus fort, ça signifie s’investir plus. On peut faire un solo de guitare en son clair qui sera beaucoup plus investi qu’un truc en disto, c’est vraiment une histoire d’intention, comme au théâtre finalement.


Merci à tous les cinq d’avoir partagé ces impressions avec nous après une après-midi de labeur !

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