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Interview | On a accompagné Audioriders, lauréats Tour de Chauffe 2018

Audioriders est l’un des groupes lauréats de Tour de Chauffe. On a profité d’une séance de répétition au Nautilys pour leur poser quelques questions sur leur expérience d’accompagnement artistique.

On vous a découvert lors de votre passage dans nos murs pour Avant le Tour, aujourd’hui vous bénéficiez d’un accompagnement de l’ARA dans le cadre du Tour de Chauffe et vous jouerez en première partie de Bison Bisou le vendredi 9 novembre. Quel chemin vous a mené jusqu’ici ?

Caroline (chant) : J’ai commencé à faire du chant sur scène quand j’avais 11 ou 12 ans, ensuite j’ai enchainé quelques expériences en groupe et ça fait 5 ans que j’ai vraiment commencé à jouer avec Audioriders.

Fred (guitare) : Pour ma part j’ai joué dans des petits groupes un peu pour déconner, pour le plaisir de se retrouver en répét, mais ça n’a jamais rien donné de super sérieux. J’ai attendu Audioriders pour que ça décolle un peu.

Arthur (basse) : J’ai vraiment commencé à m’intéresser à comment fonctionne un groupe, à composer des morceaux, à faire des répét et des concerts avec Audioriders aussi. Avant, j’étais un peu tout seul dans ma chambre, je jouais une fois tous les 15 jours pour le fun.

Hugo (batterie) : J’ai dû faire mon premier concert autour de mes 18 piges… La première partie des Rolling Stones, un super souvenir (haha) ! Plus sérieusement, j’ai eu 2-3 groupes de punk avant mais c’était plus ambiance « concert dans le hall de la fac ». Audioriders a un projet plus structuré, on a la volonté de pousser le groupe le plus loin possible et l’envie de prendre part à des accompagnements qui font évoluer notre regard sur ce qu’on fait.

Pourquoi avoir eu envie de postuler au Tour de Chauffe ?

Caroline : Je me suis rendu compte que quelques groupes que j’avais vu en concert avaient bénéficié du Tour de Chauffe. Je trouvais qu’ils avaient un bon niveau, ça me semblait sérieux et de qualité. J’ai donc cherché comment postuler et c’est à ce moment-là que j’ai pris la mesure de ce que le dispositif avait à offrir. J’étais à la recherche d’un retour sur notre musique, d’un regard objectif ou en tous cas professionnel sur ce qu’on propose. On a postulé une première fois et on a été retenu pour Avant le tour, ça a été une première étape dans notre accompagnement. On s’est dit qu’on allait continuer à postuler, on a continué à bosser, à progresser et on s’est dit que ça finirait peut-être par marcher ! Et puis là, deux ans plus tard on fait Tour de Chauffe.
Donc ouais, la première chose qui nous a donné envie de postuler c’est ça : l’envie d’avoir un retour pro sur ce qu’on fait. Et puis de pouvoir profiter de tout ce que le dispositif propose : les stages, etc. C’est quand même super intéressant !

Fred : C’est vrai qu’il y a quelques groupes qui ont aujourd’hui une certaine renommée et qui sont passés par ce dispositif-là, donc ça donne envie !


« On s’est rendu compte qu’avec des trucs tout bêtes on arrivait à gagner plus de nuances. Le simple fait de changer le moment où on place de la disto permet [...] d’intensifier certains morceaux. À force de les jouer ce sont des choses qu’on n’entend plus [...]. Avoir une oreille extérieure pour réussir ce travail-là, c’est essentiel. » Caroline, chanteuse.

Comment s’est passé votre Bilan Scénique et Artistique (BSA) ?

Hugo : Avant le BSA, on a essayé de cerner nos besoins en entretien avec Jules et Jacob, on a mis à plat nos attentes vis-à-vis du dispositif, et on a essayé de voir quelles pistes de travail on pouvait définir. En arrivant au BSA on avait donc face à nous des intervenants qui étaient calés pour répondre à nos besoins spécifiques.

Arthur : On voulait déjà savoir si notre son était « audible » pour des oreilles averties et voir comment on pouvait l’améliorer pour avoir un son bien cool sur scène. On fait quand même pas mal de petits bars mais dès qu’on arrive sur des scènes où il y a un ingé-son, ça change complètement la manière de régler nos instruments.

Fred : Par exemple, avec Sandro on a cherché à améliorer l’équilibre entre la basse et la guitare, il nous a donné des astuces pour régler la batterie, des petits trucs pour le chant. On a joué quelques morceaux devant lui pour qu’il nous donne des conseils pour améliorer l’arrangement de façon assez rapide parce que le temps passe très vite en résidence. On a retenu pas mal de bons conseils !

Caroline : Il nous a aussi aidés à trouver des pistes pour parfaire les compos et des astuces autour des arrangements. On s’est rendu compte qu’avec des trucs tout bêtes on arrivait à gagner plus de nuances. Le simple fait de changer le moment où on place de la disto permet de sonner différemment, d’intensifier certains morceaux. À force de les jouer ce sont des choses qu’on n’entend plus, on est peut-être trop « dedans ». Avoir une oreille extérieure pour réussir ce travail-là, c’est essentiel.
Et puis ce BSA m’a permis d’avancer sur des questions que je me posais depuis un moment. Par exemple, je me suis souvent demandé comment aborder les transitions entre les chansons et les moments où je dois m’adresser au public. J’avais souvent l’impression que c’était maladroit. Là, j’en ai discuté avec Pascal et ça m’a vachement aidée ! Il a abordé la question avec beaucoup d’humour, un esprit un peu décalé et il a facilité la discussion. J’ai trouvé que son approche était un juste dosage entre l’« humain » et le « pro ». Ça m’a reboostée !

Caroline, tu évoquais les stages et ateliers thématiques que propose Tour de Chauffe tout à l’heure. Quels étaient ces stages ? Qu’en avez-vous retenu ?

Caroline : Je vais être la seule à répondre car je suis la seule du groupe à en avoir profité. Les autres n’étaient pas dispos sur ces créneaux-là, mais pour le coup je n’en ai pas raté un seul !
Le premier, c’était l’atelier chant. Personnellement j’ai déjà pris des cours donc je savais à quoi m’attendre mais c’était génial parce qu’on arrivait tous avec des problématiques différentes. Et je connaissais les cours individuels, mais en groupe c’est très différent ! C’était enrichissant d’entendre des voix qui n’ont rien à voir avec la mienne, de découvrir d’autres façons d’aborder le chant (que ce soit en termes d’expérience ou en termes de pratique artistique). En revanche, c’était un peu trop court pour apprendre de nouvelles techniques mais j’ai quand même passé un super moment, avec l’impression qu’émotionnellement il s’était passé quelque chose. La prof, sur le court temps qu’on a passé avec elle, ne pouvait pas faire un bilan détaillé de ma technique vocale mais elle m’a dit : « Je pense que tu n’as pas de gros problèmes techniques, c’est plus au niveau émotionnel et au niveau humain que tu aurais des choses à travailler », et elle m’a donné des conseils là-dessus. C’était des conseils très personnels et c’était presque surprenant qu’elle saisisse si vite des subtilités comme celles-là.
J’ai aussi fait la formation sur la communication au sein d’un groupe et pour un groupe et c’était top, très pertinent. On a pu poser toutes les questions qu’on voulait, j’ai l’impression d’avoir appris des trucs qui me serviront toujours.
J’ai aussi participé à l’atelier sur les biographies, Promenons-nous dans les bios, et celui sur les clips et leur diffusion. C’était 2 fois 2 heures, court mais hyper intense ! L’atelier sur les bios, j’avoue y être allée en me demandant si ça allait vraiment me passionner et en fait c’est ce qui m’a le plus plu, c’était vraiment top. J’ai eu envie d’effacer toute la bio du groupe et de tout recommencer !

Ils ont profité de leur accompagnement pour enregistrer une session live, à découvrir ici :


NB : Si vous avez eu la brochure de présentation des activités de l’ARA entre les mains cette année, alors vous avez déjà vu leurs minois. Caroline, Fred, Arthur et Hugo ont posé devant l’objectif de Charles Delcourt pour illustrer notre couv’ !

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